Tepantar (horizon)

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« Tepantar est l’histoire d’un enfant qui voulait devenir apatride. […] Œdipe, Marguerite Duras et Guy Hocquenghem lui offraient des paroles aiguisées comme des lances qu’il offrit un jour à Sudipta Mitra Datta, un oiseau polyglotte capable de chanter de nouveaux horizons. »

Au Bengale-Occidental, dans un ancien comptoir de l’empire colonial français, Pierre Michelon trouve un point d’extériorité pour filmer la France « avec un f minuscule », selon la formule du philosophe Guy Hocquenghem dans La beauté du métis. Réflexions d’un francophobe (1979). Faisant entendre ce texte saisissant dans la traduction d’une interprète bengalie, il orchestre par le changement de langue, de voix et de sexe un décentrement doux. Il s’agit moins ici de critiquer son pays d’origine que ce qu’il impose « de faire et d’être », soit la nationalité « comme un vêtement malcommode » (Hocquenghem). Muni d’un ami imaginaire – un petit cheval de terre cuite amputé ramassé sur les lieux – le cinéaste met en œuvre par le montage et la bande-son « un rêve apatride ». Il filme aussi les poules du Théâtre de Tepantar, de la préparation de leur enclos jusqu’à leur vente. Interdites de liberté, ces captives sont les repoussoirs de l’esprit libre qu’incarnent l’enfance, le militantisme gay et la création littéraire.

Charlotte Garson, Cinéma du réel

Version originale sous-titrée français :

Version originale sous-titrée anglais :

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